NON au TCE, OUI à une constituante.
Voilà, après pas mal de zieutages à droite et à gauche, d'oreilles trainant ici et là, j'ai été très longtemps le partisant du OUI parce que le TCE serait moins pire que Nice-Maastricht, ... mais au final, je pense réellement voter NON, les arguments d'Etienne Chouard me paraissant trop importants pour ne pas être pris en compte. Je rejoins donc Alima Boumedienne-Thierry, ex-Eurodep, maintenant Senatrice, qui fut la première que j'entendis réclamer une constituante. J'avais trouvé cet argument ridicule au départ, mais quand on reviens au fond des choses, c'est bien ce qu'il faut :
"principe de droit constitutionnel : une Constitution démocratique est
forcément établie par une assemblée indépendante des pouvoirs en place
Une Constitution n’est pas octroyée au peuple par les puissants. Elle est définie par le peuple lui-même, ou par des représentants choisis pour cette tâche précise, précisément pour se protéger de l’arbitraire des puissants.
À l’inverse, les institutions européennes ont été écrites (depuis cinquante ans) par les hommes politiques au pouvoir qui sont donc évidemment juges et parties : de droite comme de gauche, en fixant eux-mêmes les contraintes qui allaient les gêner tous les jours, ces responsables ont été conduits, c'est humain mais c'est aussi prévisible, à une dangereuse partialité.
C'est, là encore, un cas unique au monde, pour une démocratie.
Et on observe les résultats comme une caricature de ce qu'il faut éviter : un exécutif complètement libre de ses mouvements sur des sujets économiques choisis, presque tous les organes de l’Union irresponsables à leur niveau de décision, une apparence de démocratie avec des trompe-l'oeil par-tout, de petits progrès montés en épingle, mais un recul réel des garanties contre l'arbitraire.
La seule voie crédible pour créer un texte fondamental équilibré et protecteur est une
assemblée constituante, indépendante des pouvoirs en place, élue pour élaborer une
Constitution, rien que pour ça, révoquée après, et respectant une procédure très publique et très contradictoire (en droit, le mot "contradictoire" signifie que les points de vue opposés doivent pouvoir s’exprimer totalement).
C'est aux citoyens d'imposer cette procédure si les responsables politiques tentent de
s'en affranchir." -- du site d'Etienne Chouard.
Ce qui me semble intéressant de noter, c'est que personne dans les détracteurs du TCE n'est contre l'idée de l'Europe. Au contraire, ceux qui votent NON le font au nom d'une "meilleure" Europe (souvent une europe sociale).
Pour vous faire une idée, je vous invite donc à lire le document d'Etienne Chouard sur l'Europe.
Pour les autres sites parlant de la question, vous pouvez par exemple chercher sur Blogmarks - TCE.
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Commentaires
Bon, après avoir décidé de voter NON, je suis maintenant à lire tous les textes ouistes qui me passent sous les yeux, à commencer par la très bonne réponse de Bastien François.
Sur le fond, je reste d'accords avec Etienne Chouard, et une constituante serait l'idéal. Seulement, en 50 ans de construction européenne, avons nous eu réellement d'avancée due au peuple, à la société civile ? Certe l'Europe est avant tout économique, ... et donc libérale, ... mais n'est-ce pas justement parce que le milieux des affaires est le premier à s'atteler à la tâche ?
En renvoyant le TCE avec un "peut mieux faire", sommes nous assurés que l'Europe fera mieux ?
Plus j'y pense, est plus que je dis que ce n'est pas avec des nons que l'on a créé l'europe depuis 50 ans.
Alors la question est de savoir, est-ce que depuis 50 ans, le bilan de l'Europe est-il positif, et faut-il continuer ?
Je pense que ... oui.
Voter OUI, c'est être réaliste : admettre que d'autres intérêts, d'autres valeurs, puissent lentement converger avec les nôtres par voie de compromis. Voter NON, c'est promouvoir chacun sa petite utopie (plus de ceci, moins de cela ...) dans son coin. Et les projets de certains de ces utopistes (utopie = nulle part, étymologiquement), les léninistes, lepénistes etc. donnent froid dans le dos.
Voter OUI, c'est admettre qu'il y a des progrès par rapport aux précédents traités. Des progrès, pas "tous" les progrès, ni de "très grands" projets. C'est considérer qu'on se donne un cadre où les combats politiques pourront (si on s'en donne la peine, les incantations ne suffisent pas) se concrétiser en de nouveaux progrès.
Voter OUI, c'est admettre que le monde est imparfait, que les institutions sont imparfaites, et les gens aussi (et vous; lecteur, vous êtes parfait ? Moi, pas du tout). Et décider de vivre, de prendre des risques, malgré toutes ces imperfections. Et d'essayer d'améliorer un peu les choses.
Et si en votant OUI, on se promettait à soi-même, secrètement, de faire un peu plus d'action politique, localement d'abord (ce n'est pas le boulot qui manque, quartier, école, ...), concrètement ? Au lieu de laisser faire les professionnels et militants de tout poil, qui nous consulteront - vive la démocratie - tous les 5 ans ?
Le NON, sous ses côtés flamboyants, est l'expression des peurs. Peur de ne pas être protégé contre ceci ou cela. Peur de perdre les conforts acquis dans un pays qui était alors riche et puissant par rapport à la Chine, l'Inde, etc. Avoir peur, ce n'est pas un projet de vie ... Oui, vivre est risqué. Personne ne peut garantir que dans 50 ans la France ne sera pas un pays tiers-mondisé. Peur ? La meilleure façon de ne pas trouilloter est d'agir. Avec d'autres. Pas chacun sur ses certitudes. Pour agir, il faut être en phase avec la réalité. La réalité, c'est ... les autres. Les autres pays, les autres cultures.
Dire NON pour affirmer "je pense que", "j'ai raison parce que "... c'est un peu comme le sketch où Valérie Lemercier mettait en scène une ado ("3615 j'existe"). Bien sûr, l'affirmation des opinions personnelles est respectable. Ce n'est pas cela qui permet de construire des compromis collectifs.
OUI, pour construire. Sans garantie. C'est la vie.
Une grande observation que je me fait est que c'est le oui qui est devenu l'expression d'un conservatisme! (ne rien remettre en question).
Concernant la réponse de monsieur bastien elle se trouve relativisée par une reponse à la réponse de monsieur bastien :http://www.democratie-socialisme.org/article.php3?id_article=577
d'ailleurs reportée sur le site de monsieur chouard : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/
Si vous aimez les avis professoraux cherchez le mot d'opinion de monsieur allais, prix nobel d'économie :http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-649870,0.html
Par curiosité on peut lire aussi pour contrebalancer la fibre tendre et idéaliste à propos de l'europe des rêves planants :http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=36969
"Ce qui me semble intéressant de noter, c'est que personne dans les détracteurs du TCE n'est contre l'idée de l'Europe. Au contraire, ceux qui votent NON le font au nom d'une "meilleure" Europe (souvent une europe sociale)."
Un peu de lecture: le dernier article de http://blog.rtl.fr/rtl-aphatie
Qu'est qu'il ne faut pas entendre quant même. Le FN et l'extrême gauche on tjrs votés contre l'europe.
Je suis assez déçu que tous ceux qui ont voté NON au nom d'une meilleure Europe n'aient jamais considèré l'option d'accepter le TCE et de se battre ensuite pour améliorer la constitution via un 1er amendement à la constitution.
Maintenant, on va voir si une meilleure constitution sortira de leur refus ... ce dont je doute fortement.
http://www.foranotherconstitution.org
appel de jeunes socialistes européens pour une autre constitution
Les Néerlandais seront certainement ravis de se voir proposer une assemblée constituante dans laquelle ils auront 8 représentants contre 80 pour les Français.
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